Kamerhe-Tshisekedi : Quand un gourmand abandonne un gros plat à son frère

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Réunir les politiciens de la République Démocratique du Congo pour un objectif commun, c’est construire une tour de Babel qui aboutit à l’impossible compromis. C’est comme le partage de repas entre des frères gourmands. Laisser pour une seule fois le plat à son frère nourrit des suspicions comme Vital Kamerhe qui laisse place à Felix Tshisekedi aux élections présidentielles du 23 décembre.

Ma réflexion part d’une observation d’enfance. Si vous avez un frère gourmand, le jour qu’il arrive le dernier et sort le premier de la table à manger, il faut s’interroger soit sur sa sincérité d’être rassasié, soit sur la qualité du repas. Il y a anguille sous roche. « Qu’est ce qui se passe ? Est-il malade ? » C’est la même question qu’on peut se poser quand Vital Kamerhe, président de l’UNC (Union pour la nation congolaise) se désiste aux élections présidentielles du 23 décembre en faveur de Félix Tshisekedi de l’UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social) et tous deux se coalisent sous la plateforme CACH (Cap vers le changement).

Abandonner son rêve le plus ardent !

Affiche Fatshivk à kisangani © Photo Lydie D. Omanga, du bureau de communication de l'UNC
                              Affiche Fatshivk à kisangani © Photo Lydie D. Omanga, du bureau de communication de l’UNC

 

Aux élections de 2006, Vital Kamerhe était le directeur de campagne de Joseph Kabila. Cette bravoure lui donne accès à la présidence de l’Assemblée Nationale, alors qu’il s’attendait jouir de la primature. Selon le magazine Jeune Afrique, il commençait à nourrir des ambitions de devenir le successeur de Kabila à la présidence après deux mandats et donc en 2016. Un rêve qui  s’était effondré avec sa démission à la tête de la chambre basse du parlement. Il entre dans l’opposition et monte sa propre boutique : l’UNC (Union pour la nation congolaise). Il compte sur la masse qu’il avait mobilisée pour faire élire joseph Kabila.

En 2011, il est aussi candidat à la présidence et lance l’idée d’une candidature commune ou unique de l’opposition. L’objectif est de contourner la disposition constitutionnelle d’élire le président en un seul tour au lieu de deux. Ce changement constitutionnel date du règne de Kamerhe à la présidence de l’assemblée nationale. Qui devrait être ce candidat commun ou unique ? Kamerhe pensait qu’avec sa popularité de 2006, il est populaire et meilleur que les autres. Il avait oublié qu’il est dans la course avec Etienne Tshisekedi qui a combattit dans l’opposition depuis le règne de Mobutu.

Base de Felix ou béquille de Kamerhe

La cours constitutionnelle donne à Kamerhe un nouvel espoir pour les élections du 23. Des baleines de l’opposition sont écartées. Des rencontres des opposants se multiplient. Contre toute attente, Martin Fayulu est désigné candidat commun de l’opposition à Genève. Le lendemain de la signature, Felix Tshisekedi se rétracte et se justifie qu’il va d’abord expliquer à sa base. Il est suivi par Kamerhe qui cite la même raison que Felix. C’est par après que Kamerhe comprend que même les députés de son parti politique surtout ceux de l’est ne sont pas d’accord avec le retrait de sa signature de Genève.

Comment alors rentrer au pays ? C’est là que Felix Tshisekedi entre en jeux. Il faut s’appuyer sur sa base. Pour y arriver, Kamerhe lui donne la grosse part. Le tour se joue à Nairobi, au Kenya avec la signature de l’accord de création de CACH (Cap vers le changement). Félix Tshikedi est désigné candidat président de la république et Kamerhe directeur de la campagne. Voilà comment un gourmand abandonne le gros plat à son frère.

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