des journalistes de Lubero en pleine formation © Photo CENED RDC

RDC : Ces radios communautaires qui vont encore donner de l’espoir aux populations du territoire de Lubero

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Du lundi 5 au jeudi 8 novembre 2018, quatre jours durant, une vingtaine des journalistes et animateurs de dix radios communautaires du territoire de Lubero, en province du Nord-Kivu, à l’est de la RDC, se sont réunies dans la salle de l’hôtel « SMS » de Kayna. Le CENED (Centre d’éducation nutritionnelle et environnementale pour le développement), initiateur de cette rencontre, veut faire participer la presse locale du territoire de Lubero à la culture démocratique.

des journalistes de Lubero en pleine formation © Photo CENED RDC
Des journalistes de Lubero en pleine formation ©CENED RDC

Quand on écoute des noms des agglomérations telles que Masereka, Miriki, Kikuvo, Kitsumbiro, Kirumba, Kayna, Luofu… des agglomérations du territoire de Lubero, les images qui viennent en tête sont des scènes de terreurs, violences, pillages, vols, viols et tueries des personnes. Tellement que ces villages subissent des affrontements à répétitions entre des hommes en armes.

Comment changer l’image de ces milieux et parler de la vie quotidienne, des initiatives locales du territoire de Lubero ? Comment faire participer la population locale à la gestion des conflits dans leurs milieux ?

Voilà pourquoi le CENED m’a invité pour échanger avec des journalistes des radios locales sur leurs rôles en zones des conflits armés et surtout en cette période où la RDC se prépare à la troisième expérience démocratique, avec une élection présidentielle prévue le 23 décembre 2018.

Double problématique

Voici comment j’ai intitulé le thème autour duquel nous avons échangé avec ces journalistes durant les quatre jours : « Radios communautaires en zones des conflits et pratiques du journalisme en période électorale en territoire de Lubero ». Une double problématique. D’abord le travail des radios communautaires dans une zone en conflits, puis le travail du journaliste pendant les périodes électorales. C’est pourquoi, j’ai subdivisé l’idée à trois sous-thèmes.

©CENED RDC

Le premier sous-thème a porté sur les principes fondamentaux pour comprendre les radios communautaires. Il fallait expliquer à ces chevaliers de la plume qu’une « radio communautaire donne le pouvoir aux personnes et aux communautés, permet l’échange des nouvelles, de l’information et permet aux populations de leurs communautés de participer au dialogue continu au sujet des problèmes politiques et de développement ». C’est la radio des sans voix. Bien souvent on utilise l’expression « radio de proximité ».

Le deuxième sous-thème s’est penché sur des techniques de récolte, traitement et diffusion de l’information dans une radio. Avec des exemples des travaux déjà réalisés dans d’autres médias, des travaux pratiques et de descentes sur les terrains à la rencontre des sources,… ce point a porté sur comment trouver un sujet d’information, formuler l’angle, choisir et rencontrer des personnes ressources avant de procéder aux techniques d’écriture et de diffusion à la radio.

Des radios communautaires pour consoler les affligés

Et enfin, il fallait parler des pratiques du journalisme en période électorale dans une zone en conflits armés. Les principes phares ont été « libres et accès équitables de tous les partis à la radio, la contribution des journalistes à l’éducation électorale ». Aussi, pour ces radios, « diffuser une information fondée sur des faits vrais, vérifiables, exacts et fiables, reste la règle d’or pour la sécurité du journaliste ».

Pour plusieurs participants, c’est la première fois de prendre part à une formation en journalisme. De mon côté, bien appliquer ces principes en territoire de Lubero, c’est redonner de l’espoir à cette population qui ne sait plus à qui elle peut encore exposer ces problèmes. Pour dire ces radios communautaires doivent s’approprier la pensée de Finley Peter Dunne, un écrivain et humoriste américain du 19ème siècle, qui avait déclaré que le métier de journaliste consiste « à consoler les affligés et à affliger les nantis ».

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