RDC : Des bâtisses laissées par des Belges ne sont que l’ombre d’elles-mêmes

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De la colonisation la RDC a aussi hérité certaines habitations et autres bâtisses. Si certains ont hérité des résidences, d’autres ont bénéficié des écoles, d’autres encore des centres hospitaliers ou des Eglises et paroisses. Mais ce sont plus des résidences et bureaux administratifs qui sont en ruine. Leurs propriétaires comme les locataires n’entretiennent pas ces patrimoines historiques qui mériteraient d’être réhabilités.

On dirait que l’entretien de ces bâtisses héritées de la colonisation fait partie de l’histoire après le départ des blancs. Seuls certains bâtiments qui logent des écoles et des hôpitaux gardent au moins des petites traces d’entretien. D’autres, comme des résidences de certains chefs coutumiers, ont déjà subi une certaine réhabilitation de leurs toitures avec des financements de certaines organisations non gouvernementales. C’est dans des maisons où logent des familles et des bureaux administratifs que ça devient catastrophique. La nuit lorsqu’il pleut, il faut couvrir les enfants de caoutchoucs. Les adultes, eux se résignent. La journée, quand il faut sortir de la parcelle, les occupants sont obligés de couvrir des bâches des lits et autres biens de la parcelle pour parer à toute éventualité d’intempéries.

Faites de briques cuites et couvertes de morceaux de tuiles, ces petites maisons construites par les Belges sont visibles dans plusieurs coins et entités. Elles se dégradent peu à peu sous les yeux de tous et leur entretien est le cadet des soucis des occupants ou des propriétaires. Leurs murs sont fissurés et des charpentes ont perdu leurs formes initiales. Et pourtant, elles sont toujours habitées.

Des patrimoines culturels en disparition

Personne ne songe à l’entretien ni à la réhabilitation de ces immeubles devenus vétustes. L’ingénieur Lambert Mihimbi, agent au service de l’urbanisme en ville de Butembo indique que c’est le service de l’habitat qui a la charge de les réhabiliter, car elles sont utilisées à des fins publiques. C’est un patrimoine du domaine privé de l’Etat. Même ceux qui logent dans ces maisons croisent les bras. Normalement c’est les loyers qui devraient servir d’entretien. Mais au bureau de service de l’habitat on se dédouane que les locataires ne s’acquittent pas de leur devoir. « Plusieurs ne payent pas ».

Des enseignants de leurs côtés éprouvent des difficultés quand il s’agit de parler de la colonisation. Ces maisons permettaient de parler de l’administration belge dans une contrée bien déterminée. Distinguer par exemple le quartier des indigents de celui des évolués,… d’ailleurs les agents commis au service de l’habitat rassurent qu’ils ont une instruction de leur hiérarchie exigeant la protection de ce patrimoine immobilier. Pour plusieurs personnes rencontrées, ces constructions belges constituent un patrimoine culturel d’intérêt historique et doivent être protégées. “Il faut un budget approprié pour les réhabiliter, pour que les générations futures connaissent l’histoire des colons chez nous”, estime Kahindo Mbalolyahi, agent contrôleur des sites au service urbain de l’habitat. Il nous faut donc conserver un monument pour ça.

En réalité un camouflage s’organise dans la procédure d’occupation de ces maisons. Certains ont en fait des biens personnels dont ils ne s’occupent pas. Certains fonctionnaires, avant de quitter ces maisons pour répondre à une mutation, laissent des familiers y résider sans l’avis du service de l’habitat. “C’est tout un combat pour demander à ces nouveaux occupants les loyers. Ils se justifient comme s’ils étaient dans leurs droits”, déplore un agent du service de l’habitat qui a voulu rester anonyme.

Plus d’un citoyen regrette que ces logis soient abandonnés à leur triste sort. Elles perdurent jusqu’à dépasser un demi-siècle. De l’avis d’un architecte qui a voulu rester anonyme, ces maisons ont une longue vie que celles qu’on construit actuellement. Selon lui, plusieurs maisons construites après le départ des blancs n’ont pas une bonne maçonnerie comme celle des belges. D’ailleurs les rares personnes qui se procurent des parcelles où ces bâtisses des belges sont construits préfèrent les réhabiliter que de les démolir.

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