Avant Emmanuel Macron, il y avait déjà Joseph Kabila

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« Effet Macron en Afrique » développé dans l’émission « Le débat africain » du dimanche 15 octobre sur la RFI m’amène à réfléchir sur la politique congolaise. En effet, le présentateur de l’émission interroge si c’est la jeunesse de Macron ou si c’est sa fulgurante ascension politique qui inspire des jeunes africains à militer pour la présidence. Pourtant, Kabila a accédé au pouvoir à 30 ans, aussi jeune que Macron ?

Je sais que vous allez me dire qu’on ne compare pas l’incomparable : un héritier et celui qui s’est battu pour accéder à la présidence. Vous avez raison. Mais, voyez les faits en face. Joseph Kabila a été aussi adulé par la jeunesse quand il a hérité le pouvoir de son Père, Laurent Désiré Kabila, après l’assassinat de ce dernier. La mode était de porter la montre à la main droite, une veste à trois boitons et ne pas fermer le dernier bouton. La politique n’était plus le monopole des personnes âgées de plus de quarante ans. Les jeunes s’y sont lancés en masse. Il fallait même produire des listes électorales aux dimensions des syllabus lors des élections de 2006 et de 2011… En cette période il n’était pas interdit aux jeunes de rêver. Mais, à mesure que les années passent, cet espoir de la jeunesse se dissipe petit à petit et s’évapore.

En 2011, Jeune Afrique a indiqué que Joseph Kabila était à la fois un risque et une chance pour la RD Congo. « Risque d’être rapidement balayé par l’un de ses mentors. Chance d’être enfin le chef moderne, modeste et avisé qui saura faire progresser la République démocratique du Congo (RDC) de l’état de satrapie vers les rivages de la bonne gouvernance ». Si Joseph Kabila a ouvert la porte de l’espoir de la jeunesse congolaise, il a au même moment scellé cette porte.

Moi et ma famille d’abord…

S’il y a plus de dix ans on parlait d’un Kabila qui écoutait plus qu’il ne parlait, suggérait plus qu’il ne s’exprimait,… aujourd’hui le fusil a changé d’épaule. Il a sa propre famille, très impliquée dans le business. Maman Sifa Mahanya, sa Mère, Janet, sa sœur jumelle, Zoé, le frère cadet et quasi-sosie, Joséphine, sa petite sœur, et Olive, la première dame, tiennent le haut du pavé. « Le clan Kabila possède l’équivalent de dix fois l’île de Manhattan (à New York) de terrains en République démocratique du Congo. Cela représente plus de 73 000 hectares quand la taille moyenne d’une ferme au Congo est de 1,5 hectare ». Que Dieu bénisse le clan Kabila et aucune autre famille en RDC.

Il me semble qu’en RDC, certaines personnes sont nées pour que tout aille dans leur sens. Elles sont importantes à un point tel que la marche de la République démocratique du Congo dépend de leur personne. Et il faut qu’elles soient satisfaites. Nous demandons les élections en 2016, on nous promet le dialogue. Nous demandons la paix, c’est la guerre que le peuple doit craindre. Nous demandons la sécurité dans les territoires de Beni et Lubero, ce sont les carnages qui sont au rendez-vous. Nous demandons l’eau, l’électricité, les routes et surtout l’emploi pour les millions de jeunes chômeurs, on nous sort des discours. Aujourd’hui, seule la famille Kabila peut encore rire ou sourire en RDC.

Le look des stars contre la démocratie : qui va gagner ?

En fait, la fierté congolaise reste encore dans la musique et dans le football. Au lieu de se soucier de la paix, la sécurité, les élections et l’alternance, on pense le « look » des grandes stars… Est-ce un jour Emmanuel Macron pourra s’emprunter le look des grandes stars de la musique et du football français ? Son pays n’est pas aussi endeuillé et ne connaît pas assez de problèmes comme la RDC. Mais la vraie question est là : « La RDC aura-t-elle encore une chance de propulser un jeune à la présidence ? ».

 

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